Acheter made in Occitanie, est-il si facile en 2017 ?

Boutiques, concept-stores, centres commerciaux, ventes directes… en dehors d’Internet comment s’organise la distribution de produits fabriqués en Occitanie ? Consommer made in France et made in local est souvent perçu comme un acte complexe par les Français et serait donc un frein au développement de l’offre. Qu’en est-il réellement ? Quelles sont les tendances qui se dessinent pour les prochaines années ?

Cette table ronde intervient dans le cadre des RDV du Made in Occitanie organisés à Montpellier en octobre 2017.

Nos contributeurs :

Christophe Campagnola, fondateur de Maison Rucher
Evelyne Chaballier, experte consommation et distribution, Institut Français de la Mode Paris
Charles Huet, consultant retail made in France, auteur du guide Made in Emploi, intervenant à l’IPAG Business School

Animée par Marine Dubois et Eric Florin de la FIMIF Fédération Indépendante du Made in France

Tout d’abord, quel est le profil du consomm’acteur, ce consommateur qui est déjà acquis à la cause du made in France.

Le dernier sondage IPSOS de septembre 2017 confirme l’intérêt grandissant des Français pour le made in France (Les Français et le made in France en version PDF).  Pour étayer ce sondage, l’enquête réalisée par la FIMIF étudie plus précisément le comportement du consomm’acteur. L’analyse détaillée est disponible en ligne mais l’infographie suivante synthétise les chiffres clés à retenir :

FIMIF profil consomm'acteur MIF

Par ailleurs, l’étude annuelle de l’Institut Français de la Mode (parution en novembre de chaque année), confirme une tendance de fond en faveur du made in France, notamment chez les jeunes qui y sont de plus en plus sensible (40% des moins de 35 ans). Le made in France répond notamment à leur envie d’une mode moins uniformisée, plus respectueuse des réglementations sociales du travail et des normes environnementales.

Les Français pour leurs achats made in France, souhaitent privilégier les trois secteurs suivants : l‘alimentaire, la mode et l‘automobile.

L’alimentaire et l’automobile étant des offres plus accessibles, la mode reste le secteur où acheter français est le moins évident. L’absence de l’origine de fabrication, la faiblesse de l’offre et les prix sont les principaux freins avancés par le consommateur. Notons qu’en 2016, le textile made in France ne représentait que 5% des achats (source Institut Français de la Mode).

En 2017, où pouvons-nous acheter made in France ?

Encore balbutiante, malgré tout, une distribution made in France s’organise, avec du côté de la grande distribution des lignes « mode et accessoires » signées Carrefour ou Leclerc et chez les marques de mode mass market comme Kaporal, Brice ou Jules, la création de collections totalement made in France.  Lire aussi l’article : « Le made in France, nouvel eldorado pour les marques françaises ? »

Les concept-stores indépendants fleurissent un peu partout en France, la carte interactive de la FIMIF est un bon outil de référencement régulièrement mis à jour.

En Arles, l’exemple original de Maison Rucher qui est à la fois une marque et une boutique. Le fondateur a développé son concept autour de l’univers de la ruche, véritable point cardinal de l’offre créative. Pour des raisons éthiques et qualitatives, Christophe Campagnola travaille avec des fournisseurs et des ateliers du sud de la France.

maison rucher

Les boutiques de marques : Le Slip Français, 1083, Armor Lux, Saint James, Repetto… quelles soient traditionnelles ou issues de l’écosystème « start-up », de plus en plus de marques ouvrent (ou réouvrent) leur propre boutique. L’occasion pour elles, d’aller à la rencontre de leur communauté de fans et de bâtir ainsi une solide expérience client omnicanal.

L‘atelier du coin : le couturier, le céramiste, le ferronnier, le menuisier… autant d’artisans autour de chez soi qui fabriquent en petites séries ou encore mieux, assurent la réalisation de projets à la demande.

Paroles d’experts : l’espace de vente idéal selon eux !

Même s’il n’existe pas de recette universelle, voici tout de même une série de réflexions qui peuvent être utiles à toute structure commerciale dont l’ambition est de proposer une offre made in France/Local :

  • La promesse de la qualité doit être respectée, c’est une grande attente de la part des consommateurs de produits made in France.
  • Une expérience client innovante et exemplaire inspirée des grandes marques avec des conseillers de vente « attentionnés » connaissant parfaitement l’histoire du produit. L’agencement, les vitrines, le merchandising, le marketing… autant d’éléments qui doivent exprimer un positionnement haut-de-gamme. Un environnement qui valide clairement la notion de qualité/prix de l’offre.
  • Des services pratiques et complémentaires qui apportent une véritable valeur ajoutée à l’expérience client : un point de collecte « recyclage et consigne », un espace achat/vente « seconde main », des cours de savoir-faire (Do It Yourself), un atelier de réparation, d’embellissement et de personnalisation, des conseils d’entretien pour assurer une meilleure longévité au produit (induit donc un achat plus économique dans le temps).
  • Une transparence totale avec un étiquetage et des fiches produits détaillés.
  • Un programme d’évènementiels : ateliers de démonstration de savoir-faire, rencontres avec des professionnels du « faire », rencontres sur des thématiques connexes, des expositions photos et vidéos…
  • Sélectionner des produits les plus locaux possible permet un engagement plus fort de la part du consommateur (local ou touriste).
  • Mixer cette offre locale avec des marques nationales « locomotives », pour bénéficier de leurs images et de leur attractivité commerciale.
  • Intégrer des offres Low Tech et High Tech, avec comme par exemple la marque de bureautique Orée installée dans l’Aude.

Orée clavier en bois

En Occitanie, la clientèle touristique ou d’affaire peut être mieux captée :

La région Occitanie est la onzième destination touristique d’Europe et ambitionne de prendre la dixième place à l’horizon 2021. Voilà donc un beau potentiel de consommateurs qui recherchent des produits authentiques et locaux. La distribution doit être ciblée et inventive pour les atteindre, nos experts ne manquent pas d’idées non plus à ce sujet !

  • Un kiosque éphémère sur les places de la Comédie et du Capitole.
  • Une vitrine mobile : une estafette, un tripoteur, une caravane, un bus…
  • Continuer à développer une route des ateliers et des savoir-faire en s’appuyant sur l’initiative du label Entreprise du Patrimoine Vivant. 
  • Le joli souvenir made in Occitanie : pour les boutiques des musées et des sites touristiques, concevoir des offres originales et qualitatives à prix accessible.
  • Réinvestir de beaux bâtiments publics inexploités ou sous-utilisés jouissant d’un bon potentiel commercial. Ces actions peuvent être initiées dans le cadre d’actions de revitalisation des centres villes (lire l’article à ce sujet).

slip-francais-img_7918.jpg

Et pour conclure…

« Ne pas opposer la fast-fashion, les grands groupes et la grande distribution aux artisans du made in France. Tout le monde a à apprendre et à gagner dans ce domaine ! » Evelyne Chaballier

« Il est nécessaire que les pouvoirs publics soutiennent l’artisanat et les petits ateliers. La formation aux métiers manuels doit être aussi revalorisée. » Christophe Campagnola

« Le made in France peut se développer autant que le BIO  ! Qui aurait pensé possible sa formidable expansion il y a 15 ans ? »  Charles Huet

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