Le made in Local mieux que le made in France ?

Ville, département, région ou pays : quelle échelle de territoire permet le mieux de mettre en avant les spécificités de son savoir-faire s’il est rattaché à une culture ou des ressources locales ? Quelle origine de fabrication faut-il privilégier pour renforcer le lien avec le consommateur et assurer la traçabilité des produits ?

En France de nombreux labels viennent garantir ou promouvoir une origine de production. L’objectif étant de bien informer le consommateur, de développer les ventes et de protéger le producteur. L’exemple incarné ces dernière par les couteaux de Laguiole, est révélateur que le système de marquage, de labellisation est complexe, surtout quand il s’agit d’une production attaché à un territoire.

Commercialement, communiquer sur l’origine locale de fabrication est-il efficace ? De même que le bio, le made in France ne souffre t-il pas d’une certaine érosion de sa côte de confiance auprès du consommateur ? Entres autres éléments de réponse, notons qu’avec le succès des AMAP et des supermarchés de producteurs, le secteur de l’alimentaire observe depuis quelques années la montée en puissance du circuit-court. La tendance actuelle voudrait que ce mode de commercialisation s’étende à d’autres biens de consommation (cf : Ces ateliers français qui créent leurs propres marques de mode).

Une réponse à la transformation profonde de nos modes de consommation ?

Depuis la crise de 2008, le commerce de détail, qu’il soit implanté en centre-ville ou en périphérie, vit une véritable crise. Dans les villes moyennes, le taux de vacance des locaux commerciaux est bien souvent supérieur à 10% (cf : palmarès Procos). De nombreux facteurs sont en jeu, mais pour que la boutique physique continue à non seulement exister mais aussi à se développer, elle doit impérativement se réinventer. D’un point de vue commercial, proposer un produit fabriqué dans un rayon proche du lieu de vente est une véritable valeur ajoutée. Cette démarche répond d’autant plus à plusieurs critères d’achats particulièrement recherchés par le consommateur : l’eco-responsabilité, la traçabilité, l’origine de fabrication et la qualité. La fabrication locale peut également répondre à la demande de produits ou de services moins uniformisés et plus  personnalisés (possibilité décuplée par le made in France 4.0lire le compte rendu de la conférence du salon Made in France Première Vision d’avril 2017).

Quelques exemples d’initiatives en France

Des marques territoriales pour redonner confiance aux consommateurs !

Sous la forme d’un label ou d’une marque, avec plus ou moins de succès, de nombreuses collectivités territoriales s’engagent dans la promotion de la production locale, soulignant ainsi l’attractivité économique et touristique de leurs territoires. Une solution  complémentaire aux différents dispositifs pour soutenir l’emploi de proximité non délocalisable. J’ai noté deux initiatives particulièrement intéressantes à suivre :

  • Lyon, Ville Equitable et Durable :  lancé en 2010 par la Ville de Lyon, le label ambitionne de développer l’économie du territoire en donnant une visibilité à l’offre locale de produits et de services équitables et responsables. Avec ce dispositif, la Ville encourage également l’émergence d’entreprises sur des secteurs d’activités éco-responsables.
  • Sud de France : crée en 2004 par la Région Languedoc-Roussillon (nouvellement   grande Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée), la marque représente à la fois les produits et la destination touristique. En 2016, elle s’est associée aux Halles Fou de Sud,  un concept de boutique/restaurant proposant une large gamme de produits labellisés Sud de France.

La marque collective : quand des professionnels se regroupent pour être plus forts !

Se rassembler c’est avant tout partager un état d’esprit et des valeurs communes. Et d’autre part, c’est un bon moyen pour mutualiser les ressources et les expériences tout en encourageant les partenariats et les pratiques transversales. 

  • France Terre Textile : lancé en 2011 par les professionnels vosgiens de la filière textile, le label est maintenant implanté dans quatre régions françaises : Alsace, Nord, Rhone-Alpes Auverge et Vosges.
  • Produit en Bretagne : le label fondé en 1993 à l’initiative de chefs d’entreprise du Nord-Finistère, est maintenant bien identifié par le consommateur. Il représente 300 entreprises avec plus 4000 références produits.
  • Made in Jura : fondée en 2003 par le Conseil Général du Jura, l’association est depuis 2016 gérée en direct par des entrepreneurs.

 RESSOURCES

 

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